A présent, l’herbe si rare et le jour si court
L’humus à fleur de terre, le silence alentour
Nos quelques mots épars finissent en buée
Dans un cri de corneille , une cloche fêlée
Ci-gisent nos vies, nos amours, rêves et soleil
Dans l’âge du repos, la saison du sommeil
Nous devrons pour revivre, sortir notre attirail
Râteaux bêches et pioches, commencer le travail
Creuser dedans la tourbe, faire voler la poussière
Exhumer fièrement de leur vieilles barrières
Les cadavres acquis de nos pulsions innées
Les dépouilles exquises des fantasmes adorés
Le passé, le poser sur un doux lit de rouille
L’observer jusqu’à ce que le cœur s’agenouille
Oublier les frayeurs, les prières monotones
Et respirer serein ce nouvel air d’automne

